Paroles rapportées

J'ai perdu mes repères, je ne sais plus bien où je suis ni qui je suis. Tout est bouleversé et mes pensées s'entremêlent dans ma tête.

.......... Ecrire. Trois voyelles et trois consonnes, équilibre parfait. Quel joli mot ! Ca paraît pourtant simple mais c'est bien plus difficile qu'on ne le croit.
Ecrire. Quand ? Comment ? La vraie question est peut-être seulement: Pourquoi écrire ? Avouer par écrits des choses que l'on n'ose pas voir ou reconnaître, se confier, à qui ? A personne, ou à soi-même, comme un miroir qui nous reflèterait tel qu'on est vraiment ou du moins l'illusion de ce que l'on croit être. Parce que dans tout propos il y a une part de vérité mais également une part d'invention, de mensonge ou d'oubli volontaire.
Se soigner par l'écriture, s'ôter un poids. Oui, mais encore faut-il passer à l'acte. On dit que les premières fois sont toujours difficiles, c'est peut-être vrai, j'en sais rien à vrai dire, je le dirais quand j'aurais tout vécu.. soit jamais.
Je m'étais pourtant dejà essayée à l'écriture, mais peut-être n'avais-je pas de raison valable pour le faire. Alors aujourd'hui qu'en est-il et pourquoi suis-je en train d'écrire ? La raison existe, j'en ai une vague idée mais il me faudra du temps pour l'exprimer, elle apparaîtra par elle-même, lorsque je n'éprouverais plus de honte à exposer ce que je peux penser.
Aujourd'hui j'ai ouvert les yeux et, cette réalité qui m'a brutalement rattrapée me pousse à aller de l'avant et à prendre du recul par rapport à ces évènements qui m'ont bouffés le cerveau durant ces 6 derniers mois.

Me voilà, moi. Trois modestes lettres ou cinq pour les intimes. Je vais bien et tant mieux.

# Posté le mercredi 07 mai 2008 13:30

Modifié le jeudi 08 mai 2008 17:22

Evasion

Le 18 Avril 2008

S'évader, partir loin (ou presque), c'était donc ça que je cherchais tant. Nouveau départ, tout quitter pour tout recommencer moi qui le voulais tant, j'en suis aujourd'hui convaincue, je n'ai plus besoin d'eux et de ces relations superficielles, il me fallait du neuf, je l'ai eu et maintenant rien n'est plus pareil.

En l'espace d'une semaine j'ai réellement ouvert les yeux, et ce en parti grâce à toi L, nos parcours se ressemblent, nos idées aussi, mais jamais nous ne nous sommes ainsi livrés, pourtant ce n'est pas l'envie qui nous manquait. On avait tous deux besoin de parler, de se livrer, et les yeux comme a demi ouverts, j'ai enfin pû y voir clair. Au début on se croit seul, incompris de tous et réduits à la perte mais peu à peu on rencontre des gens qui, par leurs paroles rassurantes semblent au fond être comme nous. Alors on reprend goût à tout ce qui nous avait semblé si gris et on évolue en se disant : Tout ces problèmes ne sont que futilités, ce ne sont que peu de choses. Nul besoin de se sentir dépendante d'eux, ni même simplement de quelqu'un parce que je le sais, je suis et resterais très seule au fond de moi, comme chacun.
Contrairement à d'autres, je n'ai pas besoin d'une dépendance à quoi que ce soit, si ce n'est au sommeil mais qu'importe, certains ne peuvent imaginer une vie sans tous ces gens, les amis, les copains, les connaissances, moi si. Certains se sentent obligés de sortir, voir du monde, aller en soirée, de peur de s'ennuyer ou pour soi disant s'éclater mais au fond tout ça est bien superficiel. C'est facile de dire ça ? Peut-être, mais il arrive un moment où l'on se retrouve toujours face à tous, pour moi ce moment est passé, je l'ai vaincu, ils ne me font plus peur et ne me blesseront plus parce que je n'éprouve plus le besoin d'entrer dans le "eux". C'est étonnant de voir à quel point l'homme peut-être égoïste, il est ainsi fait, j'en suis convaincue, et il est inutile de prétendre le contraire.
Fataliste? Peut-être bien, j'en sais rien et je m'en fous à vrai dire. Ce séjour m'a ouvert les yeux, peut-être que la connaissance de nouvelles personnes m'a permis de voir que je n'avais plus rien à faire avec eux, leurs beaux discours de révolutionnaires, leurs coups de gueules dans la rue, c'est bien beau mais c'est comme le reste superficiel, et aujourd'hui je ne les supporte plus.

Aujourd'hui je suis simplement heureuse, ça ne se voit peut-être pas sous ces paroles mais je le suis et vais le rester. De toute façon aujourd'hui, si tu ne souris pas t'es considéré comme "déprimé", le fait est que malheureusement sous de nombreux sourires se cache souvent la plus grande détresse.

Certains se mettent à écrire lorsque tout va mal, pour moi apparement c'est le contraire.
Evasion

# Posté le mercredi 07 mai 2008 14:53

Modifié le mardi 13 mai 2008 11:47

Jusqu'ici tout va bien...

Jusqu'ici tout va bien...
..........Impossible de pondre quelque chose de bien. Je me maudis.
Qu'est ce qui ne tourne pas rond chez moi ? Je n'arrive pas à me comprendre, ou plus, aussi tenté que j'ai un jour compris. Quand tout va bien, les doutes et les questionnements réapparaissent aussitôt, comme si je m'interdisais d'aller bien, j'dois être un peu maso au fond. J'en sais rien, je ne sais plus quoi penser sur moi-même et mon foutu caractère lunatique. Ben oui, il paraît que je suis lunatique, non cyclothymique, c'est pire. Peut-être est-ce là la réponse à tant de questions, non c'est trop simple, ça sert à rien de rejeter la faute sur une parole en l'air.
Aujourd'hui ça ne va pas, inutile de prétendre le contraire je sais que quelque chose ne va pas, je ne sais pas quoi.. J'attache trop d'importance aux détails infimes, et je ne me supporte plus.
Ce texte ne vaut rien, même pas d'être lu parce qu'il ne me convient pas... Les mots arrivent les uns à la suite des autres sans sens, ni but. Tu as eu tord de me dire que je n'avais pas confiance en moi, vois où j'en suis à cause de ça. Tu m'as provoqué, j'ai nié mais aujourd'hui je n'en pense pas moins. Je me replie peu à peu sur moi-même, sans que les autres s'en aperçoivent, ou plutôt si ils s'en aperçoivent, leurs « ça va ? » parlent pour eux. Et j'en arrive une nouvelle fois à cet instant où je me remet en question. L'éternelle remise en question de ma vie. J'ai tord de me considérer comme forte, l'apparence trompe les sens et je me trompe moi-même. Trop de déceptions on fait de moi un être froid, méfiant et qui prétend être ce qu'il n'est pas vraiment. Comment pourrais-je exposer mes pensées de telle sorte, qu'on me comprenne vraiment, qu'en ayant lu ça on puisse cerner ma personnalité, me cerner pour que je réponde enfin : c'est tout à fait ça.
Après tout, c'est pas ma faute si je me forge une carapace, si je le fais il y a une raison, et cette raison c'est vous, les autres, et les autres ce sont, eux, toi et lui.

# Posté le mardi 13 mai 2008 11:38

"Plus tard, je serais maîtresse d'école et j'aurais un chien"

"Plus tard, je serais maîtresse d'école et j'aurais un chien"
..........C'est parce que je sais que ce blog ne va pas durer que je me force à écrire ces quelques lignes...
Peut-être est-ce aussi parce que j'essaie de fuir le monde, la réalité, qui ressurgira malgré elle,
lundi matin: 7h45.


C'est comme un décompte qui s'enclenche dans ma tête à chaque fin de semaine, à peine est-elle finie que je pense à ce qui va recommencer quelques jours plus tard, je ne profite pas de l'instant présent, je vis par procuration du passé quand tout va mal et du futur qui m'effraie.
Le présent, je lui ferme les yeux, je remet les choses au lendemain et je me noie dans les souvenirs.
Au fond il est tellement plus facile de s'inventer une vie future, ou de refaire son scénario, le meilleur moyen de rater la sienne en fin de compte. Je suis incapable de me concentrer sur mes responsabilités, j'en suis consciente et pourtant je n'avance pas, comme si quelque chose trottait dans ma tête sans que je sache quoi.
Tout va tellement vite depuis quelques mois, je me laisse dépasser par les événements et je ne vois rien arriver.

Cet article est à finir, je n'en n'ai pas le courage..encore une chose non aboutie, qui ne se finira certainement jamais. Pourquoi ne suis-je pas capable d'aller jusqu'au bout des choses ? Des fois, je me flanquerais des baffes rien que pour ça, est-ce le courage qui me manque ? Ou ma foutue flemme qui m'empêche d'avancer ? Peut-être que je ne prends plus les choses au sérieux, encore une fois je me convaint que tout ça n'est rien et que de toute façon, ça ne m'empêchera pas de vivre mieux plus tard.

J'emmerde le futur.

# Posté le samedi 17 mai 2008 12:06

Modifié le samedi 17 mai 2008 12:20

Valse souterraine.

..........L'alarme stridente résonne dans mes oreilles comme à son habitude, les portes s'entrechoquent, le doux grincement des rails démarre enfin.
Des regards se croisent, se fuient, puis gênés se croisent à nouveau pour enfin s'abandonner... Je suis là, perdue et pourtant si bien au milieu de cette foule. Mes yeux valsent d'un endroit à l'autre, trop de choses à observer, peur d'en oublier, je n'ai qu'une seule envie: ne plus quitter cet endroit.

Face à moi une femme écrit, intriguée je tente d'apercevoir quelques paroles ou bouts de mots sans y parvenir, j'invente alors son histoire, sa vie et me forge une place dans ses pensées. Je prends alors un plaisir extrême à imaginer le quotidien de ces visages sans noms et si rassurants. A chaque arrêt, le même refrain, je m'immisce dans l'intimité de ma proie pour enfin la quitter quelques minutes plus tard. Par moments je croise même son regard et rougis comme démasquée. Ainsi, j'attribue des noms à ces inconnus, j'apprends à les connaître puis les laisse un brin triste. Cette femme âgée de 34 ans tout au plus écrit pour elle-même, son carnet renferme l'essence même de sa vie, des lettres, des poèmes mais aussi des adresses, des notes. Montée à Nation elle s'en va maintenant rejoindre un ami de longue date qu'elle n'a pas vu depuis un certain temps, elle appréhende mais au fond, sait que tout se passera bien. Ce qu'elle ne sait pas, c'est qu'il va lui annoncer qu'il est père d'un petit garçon, elle va être marraine de son enfant. Pour lui annoncer, ils iront d'abord se balader sur les quais du canal Saint Martin puis très certainement fatigués, ils s'installeront à la terrasse d'un café parisien. Il commandera un café, long, tandis qu'elle préférera un thé, elle n'aime pas le café, son odeur lui rappelle celle de son père décédé lorsqu'elle avait 7 ans. Elle avait pris l'habitude de venir le voir le matin alors qu'il déjeunait dans son lit, parfois même il lui tendait un sucre qu'il avait délicatement trempé dans la boisson pour qu'elle s'en régale. Depuis, cette odeur lui fait couler des larmes au creux de ses joues.

Ses longs cheveux bruns relevés laissent apparaître sa nuque aux doux contours et son teint rosé semble révéler une légère fatigue, elle peine à trouver le sommeil ces temps-ci, beaucoup de changements ont récemment rythmés sa vie, son emménagement avec son copain, son nouveau travail.. Mais son visage paraît heureux, heureux de retrouver goût à la vie, ce qu'elle avait perdu il y a quelques années déjà. Ses paupières poudrées cachent de petits yeux verts secs et abîmés par trop de larmes étant plus jeunes...et comme transpercée au plus profond de mon âme, voilà ses yeux qui me fixent à son tour, je ne peux m'empêcher de la regarder, pendant un bref instant le temps s'est suspendu, nous étions seules, son regard plongé dans le mien et le mien dans le sien.
À cet instant précis j'ai compris, j'avais été prise dans mon propre jeu.
Valse souterraine.

# Posté le lundi 19 mai 2008 13:01

Modifié le mardi 20 mai 2008 13:52